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Aperçu de l'histoire du Bugey

Le terme de Bugey correspond historiquement au nom donné à une circonscription administrative, le vicus de Belley. Définissant au départ uniquement le diocèse de Belley, l'appellation de Bugey s'appliqua par la suite, en suivant la progression des conquêtes de la Maison de Savoie, à tous les pays situés entre le Rhône et la rivière Ain jusqu'à la terre de Nantua. A la fin de l'Ancien Régime, le bailliage du Bugey constituait une petite "province" d'une superficie de 92 lieues carrées (soit environ 1980 km2).

L'homo sapiens n'apparaît dans le Bas-Bugey que lors du retrait définitif des grands glaciers alpins au paléolithique supérieur (20 000 à 12 000 ans BC ; Grotte des Hotteaux à Rossillon) au moment où les conditions en Bugey étaient favorables à une implantation humaine.

L'azilien et le néolithique nous sont connus par des haches et autres outils de pierre polie, par le squelette enchevêtré de l'homme de Culoz et par de nombreuses pierres à cupules.

Le peuplement pré-romain de la région est partagé entre des peuples venus du nord tels que les Séquanes et les Helvètes et des peuples venus du sud tels que les Ambarres et les Allobroges.

Mais le Bugey entre réellement dans l'histoire en 58 avant JC avec le début des conquêtes romaines menées par les troupes de Jules César.
Le Bugey connaît sous la période romaine un formidable essor, comme en témoignent la densité des établissements gallo-romains ainsi que le remarquable développement du réseau des routes romaines. Cela s'explique par la situation privilégiée du Bugey, placé sur la route de l'Italie et par sa proximité avec Lyon, alors capitale des Gaules.
C'est également à cette époque qu'apparaît la ville de Belley, probablement fondée au siècle d'Auguste. Les rapports commerciaux de Belley avec la capitale des Gaules étaient alors facilités par la double voie de communication qui reliait directement ces deux villes. La voie d'eau d'abord, avec le Rhône, et la voie terrestre ensuite, puisque la ville de Belley se situait sur la route romaine allant de Lyon à Genève sur la rive droite du Rhône passant par Lagnieu, Briord, Cordon, Belley et Seyssel. Cette situation géographique préférentielle profita durablement au Bugey.

Lors de la dissolution de l'Empire romain, le Bugey voit ses vallées profondes servir de passage aux Alamands et aux Burgondes. La présence chrétienne se concrétise sous les Burgondes, puis les Francs, par la création de l'évêché de Belley au Ve ou au VIe siècle. Un siècle plus tard, tombé au pouvoir des Francs, le Bugey offre aux Sarrasins défaits par Charles Martel (734) un asile dans ses montagnes. C'est à eux qu'on attribue la paternité des suffixes de noms de village en "oz" et "az" (Culoz, Contrevoz, Ordonnaz...). A l'administration stabilisatrice de Charlemagne succède l'anarchie de la Lotharingie qui engendre rapidement la féodalité.

A partir du IXe siècle, le Bugey entre successivement dans le second royaume de Bourgogne et le Saint Empire. La féodalité, déjà bien constituée, va se renforcer et au XIIe siècle, profitant de l'anarchie, seigneurs laïcs et ecclésiastiques prennent leur indépendance : ainsi les évêques de Belley possèdent-ils maints territoires et villages.

Eglise de Conzieu
Eglise de Conzieu classée monument
historique (XIe et XIIe siècles)

Au XIIe siècle, le peuplement du territoire bugiste s'accélère et la densité de population devient forte. De nombreux prieurés sont créés, ainsi que de nombreux monastères, comme l'abbaye de St Sulpice (1130), les Chartreuses de Portes (1115), Arvières (1132), Pierre Châtel (1383)...

En 1077, le comte Amédée II de Maurienne avait reçu de l'empereur du Saint Empire, Henri IV, la confirmation de ses droits sur la seigneurie du Bugey. La maison de Savoie va donc habilement étendre sa domination et acquérir la puissance qu'on lui connaît. Après dix siècles de dévastation, le Bugey, annexé au comté de Savoie, jouit enfin d'un repos inaccoutumé sous des princes modérés et bienveillants. C'est ainsi que Belley et sa région furent entraînés dans l'orbite de la maison de Savoie, où ils restèrent paisiblement (sauf courte invasion française de 1536 à 1559) jusqu'au traité de Lyon en 1601 qui rendit le Bugey à la France.

Gravure de Chastillon
La ville de Belley au XVIe siècle

Le XVIIe siècle est relativement difficile pour le Haut-Bugey (affrontement entre Gris bugistes et Cuanais comtois) et financièrement lourd pour toute la France qui supporte les fastes versaillais du Roi-Soleil...

Le XVIIIe siècle voit s'implanter les premières industries, principalement textile, en Bugey. Dans les salons de Belley, on assiste à l'émergence des nouvelles idées, celles des philosophes et des physiocrates. Aux premières heures de la Révolution, l'avocat Jean-Anthelme Brillat-Savarin est député du Tiers Etat à l'Assemblée Constituante où il représente la région de Belley. Il participe aux débats passionnés concernant la création du département de l'Ain le 25 janvier 1790. Il est aussi l'auteur de la Physiologie du goût !
Le Bugey sera secoué par la tempête révolutionnaire qui n'épargne ni châteaux ni édifices religieux (Albitte).

L'ordre napoléonien complète l'équipement administratif du département de l'Ain, en faisant de Belley une sous-préfecture le 17 février 1800. Après les guerres napoléoniennes, auxquelles il paie un lourd tribut en hommes et en argent, le Bugey profite un peu de la révolution agricole, et surtout de la révolution industrielle qui va, au XIXe siècle, transformer le visage de l'Europe.

Anthelme Brillat-Savarin
Anthelme Brillat-Savarin
Gravure de Lambert
début du XIXe siècle

Les première et seconde guerre mondiales restent gravées dans les mémoires bugistes. Peyrieu voit s'édifier un des premiers monuments aux morts de France, grâce à la générosité de l'américaine HOFF. Après l'armistice du 22 juin 1940, la ligne de démarcation toute proche place le Bugey du côté de la France libre. "L'armée des ombres", organisée dès 1942 par le Général Delestraint, offre à nos souvenirs coups d'éclats et martyrs. Le monument du Val d'enfer situé sur la commune de Cerdon, inauguré le 29 juillet 1951, honore les 700 maquisards de l'Ain, tombés pour que nous restions debout...

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